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Transformer sa culpabilité en énergie

À une époque, Thich Nhat Hanh (sage bouddhiste) organisait des retraites pour les vétérans de la guerre du Viet Nam. C’est lors de l’une de ces retraites qu’il rencontra John.

John avait une histoire particulièrement lourde à porter, ses souvenirs, ses remords le rongeaient de l’intérieur depuis de longues années.

Au moment des faits, John était un jeune G.I. américain.

En mission dans la jungle, son unité avait été attaquée par des rebelles vietnamiens. Il était l’un des seuls survivants. Il avait vu certains de ses amis agoniser et mourir sous ses yeux.

Suite à cet évènement, des sentiments de colère et de haine s’étaient embrasés en lui, qui le poussèrent à se venger.

Son plan était simple, empoisonner de la nourriture qu’il laisserait à l’abandon dans la jungle.

Des Viêt-cong finiraient bien par la trouver, ils mourraient à leur tour dans d’horribles souffrances… Malheureusement, ce ne sont pas des Viêt-cong qui découvrir en premier la nourriture empoisonnée, mais cinq enfants d’un village voisin.

Il était trop tard, une fois le poison ingurgité, la seule possibilité aurait été d’aller rapidement dans un hôpital pour administrer un antidote, mais le premier hôpital était à plusieurs heures de là.

John était revenu aux États-Unis, il ne faisait plus partie de l’armée depuis de nombreuses années, mais il ne s’était jamais remis de cet épisode.

La culpabilité le rongeait !

La seule personne à qui il avait osé se confier était sa mère, mais elle n’avait pas réussi à soulager sa conscience.

La présence d’enfants était devenue insupportable à John tant sa douleur était grande. L’image de ces cinq enfants, morts des conséquences de sa colère, le hantait. Il ne parvenait pas à s’en libérer. Il y pensait tous les jours.

C’est dans cet état d’esprit qu’il arriva à la retraite organisée par Thich Nhat Hanh. Le moine vietnamien bouddhiste l’écouta attentivement, et lorsqu’il eut finit son récit, il lui répondit que la mort de ces enfants n’était pas une bonne chose, que ce n’était pas un bon karma.

Mais que le passé est le passé, on ne peut rien y changer !

Par contre, on peut agir sur le présent et changer l’avenir !

Il expliqua à l’ancien soldat qu’il pouvait faire quelque chose de bien ce qui neutraliserait les mauvaises actions passées.

Thich Nhat Hanh rappela au vétéran que chaque jour, de nombreux enfants meurent parce qu’ils n’ont pas accès aux médicaments qui pourraient les sauver.

Il lui affirma qu’il était possible d’agir MAINTENANT. Qu’il pouvait sauver, non pas cinq enfants, mais des dizaines, des centaines d’enfants de par le monde.

Cinq minutes de discussion avec cet ancien G.I. suffirent à changer radicalement son état d’esprit.

John a parcouru le monde, il a utilisé les compétences et les connaissances acquises au cours de ses années de services dans l’armée pour venir en aide à des enfants aux quatre coins du monde.

Sa tristesse, ses remords, sa culpabilité se sont transformés et ont laissé place à une énergie positive, à sa détermination, à un désir fou…celui d’aider des petits inconnus en détresse disséminés sur notre planète. John put enfin retrouver la paix.

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