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Celui qui a le plus marqué les esprits dans ce domaine est certainement le psychologue humaniste américain Carl Rogers. Il associe l'empathie à une reformulation des sentiments d'autrui, exprimée de façon verbale ou non-verbale (gestes, attitudes).

Celui qui a le plus marqué les esprits dans ce domaine est certainement le psychologue humaniste américain Carl Rogers. Il associe l'empathie à une reformulation des sentiments d'autrui, exprimée de façon verbale ou non-verbale (gestes, attitudes).

La complexité de l’empathie

La notion d’empathie a été créée en 1873 par R. Vischer. Si l’Einfühlung consistait au départ en une projection symbolique dans l’objet. Le sujet pouvait selon Vischer, croire à sa « copie » dans l’objet et apercevoir « son second moi, tel qu’il réside sans modèle dans l’objet ». Je vous laisserai faire des recherches approfondies sur ce sujet si vous le souhaitez.

Dans le Larousse, vous trouvez cette définition: faculté intuitive de se mettre à la place d'autrui, de percevoir ce qu'il ressent.

L’empathie reste un phénomène complexe qui a ses racines dans nos cellules. Elle est pour une part innée. Elle serait ensuite largement modifiée par nos expériences de vie et par notre capacité à refuser consciemment et inconsciemment de prendre en charge des émotions et des pensées.

Les neurosciences dont je vous parle régulièrement ont récemment redécouvert le concept d’empathie, en nous montrant l’existence de systèmes cérébraux spécifiques, « miroirs » ou « résonants ». Allez voir par exemple du côté de Nicolas Georgieff si vous souhaitez en savoir plus. Nicolas Georgieff est psychiatre, professeur, chercheur sur Lyon.

L'empathie sans aucun doute s’apprend. C’est un savoir être qui se travaille tout au long de la vie.

L’empathie est certainement la capacité que nous avons à nous mettre à la place de quelqu’un et à comprendre ce qu’il ressent. Cette qualité - ô combien précieuse-, favorise la communication en famille, au travail, en société.

L'empathie se met à l’écoute, mais ne se substitue pas. L’empathie se doit d’accompagner, sans intrusion, et laisse l’autre libre de lui-même, pleinement responsable. L’empathie est autant intimité que réserve, abandon que discrétion.

Ce que n’est pas l’empathie

Soyons vigilants aux dérives ou fausses représentations de l’empathie.

L’empathie n’est pas la sympathie, où l’on partage les émotions, les valeurs, les objectifs et les idéaux de l’autre.

L’empathie n’est pas la compassion trop axée sur la souffrance de l’autre; le danger étant une impression de supériorité.

L'empathie n'est pas non plus l'identification comme le dit Rogers:

« L’empathie ou la compréhension empathique consiste en la perception correcte du cadre de référence d’autrui avec les harmoniques subjectives et les valeurs personnelles qui s’y rattachent. Percevoir de manière empathique, c’est percevoir le monde subjectif d’autrui « comme si » on était cette personne, sans toutefois jamais perdre de vue qu’il s’agit d’une situation analogue, « comme si « . La capacité empathique implique donc que, par exemple, on éprouve la peine ou le plaisir d’autrui comme il l’éprouve, et qu’on en perçoive la cause comme il la perçoit (c’est-à-dire qu’on explique ses sentiments ou ses perceptions comme il se les explique), sans jamais oublier qu’il s’agit des expériences et des perceptions de l’autre. Si cette dernière condition est absente, ou cesse de jouer, il ne s’agit plus d’empathie mais d’identification ».

Les bienfaits de l’empathie

L'empathie favorise la paix et la non-violence. L’empathie est sans aucun doute liée aux notions de respect, d'émotions, d'écoute active, de solidarité, etc.

Elle est souvent oubliée dans notre culture, plutôt ignorée par l’éducation actuelle, qui prône le mental et l’intellect. Mais les mentalités évoluent et je vous proposerai ultérieurement un article sur l’empathie des plus jeunes.

Des niveaux d’empathie?

Il y aurait plusieurs niveaux d’empathie. Serge Tisseron distingue en effet trois niveaux différents. L’empathie pourrait selon lui être représentée sous la forme d’une pyramide constituée de trois étages superposés, correspondant à des relations de plus en plus riches, partagées avec un nombre de plus en plus réduit de gens.

L’empathie directe (ou unilatérale). C’est l’identification.

Elle a deux composantes car elle consiste à la fois à comprendre le point de vue de l’autre (l’empathie cognitive) et ce qu’il ressent (l’empathie émotionnelle). Il est possible d’éprouver de l’empathie pour un animal, un végétal, et même pour un objet. Il ne faut pas nécessairement reconnaitre à l’autre un statut d’humain.

Le second étage de l’empathie est l’empathie réciproque. C’est le fait de traiter autrui comme soi. Ses bases sont éthiques. Cette empathie est à la fois émotionnelle et cognitive. Il s’agit de la reconnaissance mutuelle. Non seulement la personne s’identifie à un autre, mais elle accorde à l’autre la possibilité de s’identifier à elle, de la comprendre et de ressentir ce qu’elle ressent.

Le troisième étage de l’empathie serait basé sur l’intersubjectivité. C’est reconnaître à l’autre la possibilité de m’éclairer sur des aspects de moi-même que j’ignore. Je reconnais à autrui le pouvoir de m’informer utilement sur des aspects de moi-même encore inconnus de moi. Je me laisse alors transformer par cette découverte. Serge Tisseron appelle cela l’empathie extasiante.

Le psychologue Carl Rogers a mis l’empathie au cœur de sa théorie de l’approche centrée sur la personne. C’est une de mes méthodes de travail dans la relation d’aide.

Je vous souhaite une belle journée.

Charlotte Fix

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