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Tu seras un homme mon fils! Tu seras un homme mon fils! Tu seras un homme mon fils!
Tu seras un homme mon fils! Tu seras un homme mon fils! Tu seras un homme mon fils!

Bonjour!

 

Un classique aujourd’hui. Si, en anglais « If— », est un poème de Rudyard Kipling, écrit en 1895, et publié en 1910 dans Rewards and Fairies. Ce poème est rapidement devenu très célèbre. Deux de ses vers sont notamment reproduits à l'entrée des joueurs du court central de Wimbledon « If you can meet with triumph and disaster and treat those two impostors just the same ». 

 

Ce poème, n’en est que plus émouvant quand on sait qu’il l’a écrit pour son fils unique John, alors âgé de douze ans, en 1910 et que ce dernier périra en 1915 à sa première bataille lors de la guerre 1914-18, âgé d’à peine dix-sept ans. Drame culpabilisant pour l’auteur qui l’avait un peu « poussé » dans ce choix militaire alors qu’il avait été réformé pour cause de myopie.

 

André Maurois l'a adapté dans son livre Les Silences du colonel Bramble (publié en 1918) sous le titre « Tu seras un homme, mon fils ». Soucieux de maintenir de rester fidèle au sens, Maurois a écrit une version se composant de vers parfaitement réguliers et sans rime approximative. Il  reprend l'idée fondamentale du poème de Kipling tout en ne traduisant directement que quelques vers. La traduction libre par André Maurois de ce poème a été mise en musique par Bernard Lavilliers en 1988. 

 

 

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie

Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,

Ou perdre d’un seul coup le gain de cent parties

Sans un geste et sans un soupir ;

 

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,

Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre

Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,

Pourtant lutter et te défendre ;

 

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles

Travesties par des gueux pour exciter des sots,

Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles

Sans mentir toi-même d’un seul mot ;

 

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu peux rester peuple en conseillant les rois

Et si tu peux aimer tous tes amis en frère

Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

 

Si tu sais méditer, observer et connaître

Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,

Rêver, mais sans laisser le rêve être ton maître,

Penser sans n’être qu’un penseur ;

 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,

Si tu peux être brave et jamais imprudent,

Si tu sais être bon, si tu sais être sage

Sans être moral ni pédant ;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite

Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,

Si tu peux conserver ton courage et ta tête

Quand tous les autres les perdront,

 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire

Seront à tout jamais tes esclaves soumis

Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un homme, mon fils.

 

 

Rudyard Kipling (1865-1936)

 
 
 
"Mon fils sait-il que je suis fier de lui ?"
 

"Mon fils sait-il qu'il compte pour moi?"

"Mon fils sait-il que je l'aime ?"

Pas toujours facile à exprimer quand on est papa... Sans être une famille de champions, le sport est déjà un puissant vecteur de communication. 

Bonne semaine à tous 

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