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Certains d'entre vous me disent "Je vais bien... comment expliques-tu cela, toi?...."

Je pense comme élément de réponse vous amener à réfléchir sur vos drivers. 

Drivers? Oui, il s'agit de styles de comportement qui se construisent à partir de message émis par notre environnement dans notre enfance. Ils s'insèrent dans nos croyances et deviennent la base de notre comportement.

“Fais plaisir”

Le driver “fais plaisir” est très fréquent, le plus fréquent peut être.

Le “fais plaisir” est hérité d’injonctions du type “sois gentil avec...”, “s’il te plaît, pour me faire plaisir”... et provient de chantage affectif de l'enfance.

Hyper flexible, le "fais plaisir" est hyper altruiste et s'évalue en permanence par le regard des autres. Il s'est fixé une mission, une vocation et est toujours prêt à aider. Conciliant et attentionné, il prend tellement soin des autres, qu'il peut aller jusqu’à anticiper leurs besoins.

Une personne "Fais Plaisir" se fait presque disparaitre. Menée par cette une injonction interne, une femme choisit par exemple très tôt de faire passer tous les autres avant elle-même, mari, enfants, famille, relations... A l'origine de cette habitude / attitude il y a une fausse croyance, une fausse quête d'amour « si je n'agis qu'en fonction des autres, on m’aimera enfin ». Ce comportement est renforcé par l'interaction avec l'environnement lui même.

En entreprise, les managers adorent les "fais plaisir". Il est positif, évite les conflits, adore la conciliation et facilite les décisions collégiales.

Mais le "fais plaisir" devient sa propre victime... Il a peur de finir rejeté et seul. Hors son comportement même ne favorise pas la vie en société dans la durée. Pourquoi admirerait on une fonction invisible, fonctionnelle, transparente, facilitante, passive à laquelle on s'est habituée au fil du temps?

Moins on se respecte soi-même, moins on est respecté. Si on ne tient aucun compte de ses propres désirs, ou des limites que l'on devrait poser, les autres s'habituent à ne plus en tenir compte non plus. Ce mauvais scénario devient pesant pour le fais plaisir.

En quête perpétuelle d'approbation, le fais plaisir ressent de l'irritation, de la frustration, de l'ingratitude. En niant cette irritation, cette colère, le risque est la somatisation, la maladie, la dépression. 

Il a du mal à prendre des décisions, qui le concernent toutefois, surtout si elles impliquent d’autres personnes, et encore plus ses proches. Il a aussi du mal à exprimer ses opinions ou ses désirs, à dire non, à demander quelque chose pour lui, à fixer des limites. Du coup, il n'obtient jamais ce à quoi il aspire ou estime avoir droit, les autres ne fonctionnant pas du tout selon le même driver. Il n'ose pas, ne s'estimant pas assez.

Une personne fais plaisir peut souffrir de boulimie. La boulimie peut venir du manque de... ou du souhait de ne plus ressentir. L'enfant intérieur ne peut plus et surtout ne doit plus s'exprimer puisqu'il est repu.

Si à ce stade, vous vous dîtes, "tout va bien , mais... " il est peut être temps d'essayer de travailler sur ce "fais plaisir", pour en garder les éventuels bénéfices et choisir de vous séparer des inconvénients. En effet, il faut choisir d'aller mieux. 

 

Voici quelques pistes

Accepter que l'on ne va bien intérieurement. Voilà déjà le début du travail sur soi. Cette réflexion peut être accompagnée par un thérapeute, un médecin, un groupe de parole entre adultes ou entre femmes où l'on échange sur le respect de soi même en travaillant sur l'estime de soi.

 

Identifier chaque jour, pour chaque chose, ce que l'on aime, ce que l'on aime pas, pourquoi on le fait et est-ce que cela nous épanouit.

Exprimer ce que l'on aime ou non peut déjà être difficile pour un fais plaisir, qui nie ses propres sentiments.

 

Posez-vous ces questions

Quelles sont vos convictions, qu'associez-vous à cette idée qu’il “faut faire plaisir” en permanence?

Quels sont les bénéfices de ces convictions selon vous?Qu'en retirez-vous ou qu'espérez-vous? Pour vous? Pour les autres? 

Que vous coûtent-elles toutefois?

Dans quelles situations pensez vous conserver votre “fais plaisir”? Pourquoi?

Vous êtes une personne comme les autres, et à ce titre, vous méritez de prendre soin de vous autant que vous prenez soin des autres! 

Que se passe-t-il si vous vous faites plaisir à vous-même? Que ressentez-vous? Est-ce difficile? Pourquoi? 

Qu’allez-vous faire pour vous faire davantage plaisir?

Tout doucement devenez une bonne mère pour vous même.

Acceptez vos émotions, ce que vous ressentez dans la vie ou en répondant à ces questions. 

Non, ce n'est pas de l'égoïsme que de vous écouter. La vie de demain sera plus riche et plus intéressante pour vous et rejaillira positivement sur votre environnement. Une vie dans laquelle chacun peut s'épanouir en harmonie dans de vrais rapports d'adultes permet de se sentir bien mieux.

 

Bonne journée

 

Charlotte Fix

 

Thérapeute, Ecoute, Relation d'aide

 

 

 

"Fais plaisir !"

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